L’évolution du marché des mobiles.Il y a un peu plus de 10 ans, le téléphone portable, appelé plus communément « mobile », s’est diffusé de manière extrêmement rapide, supplantant même le téléphone fixe. Au début des années 90, il était réservé à une élite sociale pour une utilisation professionnelle et ne servait qu’à … téléphoner. Au début, le « mobile » ne pesait pas moins de 400 grammes et les batteries se déchargeaient rapidement. Mais  il n’a cessé de s’améliorer ! Le progrès de la miniaturisation a permis l’ajout de composants électroniques plus nombreux (images, sons et vidéos). Les matériaux rendent le téléphone mobile toujours plus léger, plus petit, plus puissant… mais le détournent de ses fonctions primaires. Aujourd’hui, il pèse à peine 60 grammes et il est devenu : agenda électronique, appareil photo, navigateur Internet, baladeur, console de jeux, enregistreur vidéo et son, télévision…
Les nouvelles fonctions technologiques, les offres clientèles, les points de fidélité et des tarifs toujours plus attractifs pour l’acquisition d’un nouveau modèle sont autant de raisons qui poussent les consommateurs à avoir « le téléphone dernier cri » ou « le téléphone de technologie de pointe ».
Un tel engouement et le nombre exponentiel d’utilisateurs (de plus en plus jeunes) ont amplifié le problème lié aux déchets électriques et électroniques. Malgré les efforts fournis par les constructeurs de mobiles, il apparaît que la durée de vie de ces derniers diminue constamment. La périodicité serait de 20 mois en moyenne pour le renouvellement d’un portable (10 mois pour les 12-17 ans, 33 pour les plus de 60 ans).
Au-delà de l’aspect consommation, le téléphone mobile s’inscrit aujourd’hui dans une problématique écologique : le devenir des déchets issus des produits électroniques. En effet, le téléphone portable s’est considérablement développé en termes de technologie, offrant toujours plus de services, mais les rendant plus rapidement obsolètes aux yeux des consommateurs, ce qui oblige à le remplacer souvent et donc… à le jeter.
Chaque année, plus de 185 millions de téléphones portables sont vendus dans l’UE et 50 000 tonnes de chargeurs seraient jetées, générant d’importantes quantités de déchets électroniques. Plus d’un milliard de chargeurs inutilisés dormiraient également dans les tiroirs des Européens. Face à ce constat, l’Union Européenne a convaincu les principaux fabricants européens de téléphones portables (14 au total ont signé le protocole1) d’adopter un chargeur universel qui doit arriver cette année sur le marché.
Les téléphones mobiles renferment entre 500 et 1 000 composants électroniques à base de minerais précieux aux ressources épuisables (or, cuivre, argent) et autres métaux ordinaires (cuivre, métaux ferreux) qui peuvent être récupérés et recyclés. Ils sont également composés de matière plastique (coque et clavier) et de métaux non ferreux (cartes électroniques et câbles). Mais d’autres éléments, s’ils sont jetés dans la poubelle ou dans le milieu naturel, sont dangereux pour la santé et l’environnement : les métaux lourds et les substances chimiques.
Le mercure, utilisé dans les dispositifs lumineux des écrans plats, est une substance dangereuse. Une exposition prolongée au mercure peut endommager le cerveau et le système nerveux des enfants et fœtus.
Le plomb, utilisé pour l’assemblage des différents composants électriques, peut affecter et endommager le système immunitaire, endocrinien ou nerveux des enfants et fœtus.
Le cadmium est une substance toxique contenue dans les batteries rechargeables. Jetée dans la nature, une batterie peut contaminer 600 000 litres d’eau et provoquer des dommages sur les reins et les os des êtres vivants.  Le cadmium est progressivement retiré des nouvelles batteries.
Le Béryllium, métal hautement toxique, peut provoquer des dommages pulmonaires s’il n’est pas incinéré dans usine spécialisée.
